LES RANDONNEURS DE L'HARMAS

LesChemins sont notre Domaine

Nous sommes 14 passagers au quai d’embarquement du naturoptère pour rejoindre l’île de la Barthelasse. Cette île que tout le monde connaît pour souvent l’apercevoir depuis la route en rentrant sur Avignon n’en est pas moins objet de curiosité pour nous tous.  

En effet cette bande de terre étreinte par les bras du Rhône reste vierge de notre visite et nous sommes très intéressés d’en connaître un peu plus sur elle.

Quelques petites informations sur l’une des plus grandes îles fluviales d’Europe, 700 ha dont 400 cultivables, elle doit son nom à un monsieur appelé Jean Richard dit ‘’Barthelucius’’ qui l’aurait ensemencée de blé vers 1447 et aurait rapidement fait fortune. Cinquante ans plus tard, son nom commença à être utilisé pour désigner l’île. Environ un millier de personnes y vivent aujourd’hui.

Pour plus de renseignements, je vous invite à consulter les nombreux documents existants sur internet, notamment sur la faune.

Le ciel est couvert et nous aussi, même bien couverts parce que le fond de l’air est frais. Nous partons du parking de Bagatelle et nous suivons la rive droite du Rhône. Nous voyons en face en levant la tête le palais des papes et les remparts du jardin des Doms, jolie vue qui a motivé Philippe à faire une photo de groupe et d’avoir ce bon mot : « ouvrez bien la bouche si vous voulez que l’on voit le palais ». Sur les berges sont amarrées quelques péniches et bateaux qui semblent vouloir rester là pour passer l’hiver, certaines servent d’habitat à l’année. Sur un quai aménagé, nous assistons à l’installation un peu technique d’un équipage de 4 jeunes filles sur leur frêle esquif (4 de couple) ainsi nommé dans le milieu de l’aviron.

 

Un restaurant, ’’ le Bercail ‘’ a étendu sa terrasse jusqu’à englober le passage ce qui nous contraint de passer entre les tables sous la véranda, heureusement à cette heure et cette époque de l’année il n’y a personne. Plus loin, en contrebas du chemin, au bord de l’eau une tente recouverte de bâches multicolores trouées et délavées, un chariot de supermarché avec des chaussures, diverses choses improbables et un chien triste plutôt crasseux témoignent de la précarité de son hôte en misère sociale.

Nous empruntons la piste de halage pendant plusieurs kilomètres et c’est bien agréable. Notre parcours nous fait un moment nous écarter du fleuve en rentrant un peu plus dans les terres, nous sommes étonnés de l’étendue des vergers, les pommes ont été récolté mais il en reste une par-ci par-là et avec Patrick on ne résiste pas. Qu’elles sont bonnes !

 

On a aussi pu voir l’endroit où les flots de l’Ouvèze se jette dans le Rhône. Tout au long du parcours, nous essayons d’identifier les lieux sur le ‘’continent’’ comme par exemple l’usine à poudre du Pontet vu de l’arrière.

De grandes bâtisses abandonnées restent témoins d’une époque faste, les nombreuses inondations ont dû rendre la vie difficile aux habitants, l’eau a atteint des niveaux élevés au cours des siècles et beaucoup de gens ont péris emportés par la crue. Même si des travaux de construction de digues ont minimisé le danger, je ne serai pas serein de résider ici et je tire mon chapeau aux paysans et artisans présents qui travaillent et assurent la pérennité de ce site.

 

Plus loin sur le plan incliné de la digue nous pouvons voir une petite plaque du souvenir avec une photo qui rend hommage à un jeune homme : Romain Benavent qui a été poignardé à mort le 24 juillet 2004. J’ai pu lire qu’il avait été tué pour n’avoir pas donné une cigarette à son meurtrier qui purge une peine de 25 ans de prison que j’espère incompressible. Passé ce moment d’émotion, nous poursuivons notre marche à la recherche d’un endroit un peu abrité du courant d’air pour déjeuner.

 

Notre plus jeune accompagnateur Ruben 13 ans petit fils de Philippe crie famine depuis un moment et taquine son papi qu’il soupçonne de vouloir l’affamer. Il nous a bien fait rire ce petit.

Alignés le long d’un petit talus en bordure de chemin nous avons posé nos séants sur des plastiques et autres écrans pour préserver nos fonds de culotte, l’herbe est humide. Nous ne traînons pas, les doigts sont engourdis, une goutte de pousse rapière et hop ! On repart.

Des pommiers et encore des pommiers, nous faisons notre récolte avec ce qui est resté au sol. Une entreprise réputée est présente sur l’île, la distillerie Manguin spécialisée dans l’eau de vie, dommage l’heure d’ouverture tardive ne nous permet pas d’envisager une dégustation.

Sur le retour vers les voitures, les péniches de tourisme font chauffer leur moteurs polluants rive gauche et provoque de petits remous qui viennent mourir sur notre berge en petits clapotis. 20 bons kilomètres ont été foulé par nos semelles, tout le monde est content, certains proposent de la remettre au calendrier aux beaux jours pour voir et sentir la végétation luxuriante du printemps.

Un dernier coup d’œil au fameux pont d’Avignon, le pont Saint-Bénezet qui à l’origine comportait 22 arches, il n’en reste aujourd’hui que 4 les 18 autres ont été emporté par la colère du Rhône.

Retour au bercail

 

Vivement la prochaine en 2017

 

A.P