LES RANDONNEURS DE L'HARMAS

Les Chemins sont notre Domaine

Week-end au Mont Ventoux le 09 et 10 février 2019 

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Il est 10h environ quand nous partons du naturoptère de Sérignan.

Pendant la montée en voiture vers notre refuge, nous pouvons remarquer à mi-parcours des restes de neige sur les bas-côtés. Cela nous rend optimiste, il y a de fortes chances qu’il y en ait davantage une fois en haut.

Nous arrivons vers 11h 20 au pied de notre futur hébergement situé au dessous du chalet Liotard en contrebas de la route. La partie haute du pignon de ce local présente une surface toute en mosaïque colorée qui donne à penser qu’il s’agit d’une église, pas du tout.

Après quelques minutes d’attente mises à profit pour regarder les skieurs et les familles s’adonnant aux joies de la luge avec leurs enfants, une jeune dame vient nous remettre les clés. En sa compagnie, nous procédons à l’état des lieux et suivons les explications du fonctionnement du matériel de cuisine et de la gestion du tableau électrique…..

Nous prenons possession de nos chambres à 4 à 6 ou à 8 couchages , quelques unes sont à 2 lits pour les couples. La surface est immense l’accueil peut être porté à 36 personnes. Au sous-sol il y a les douches, les lavabos (pour lilliputiens) et les toilettes. Nous avons hâte de chausser les raquettes pour fouler la neige qui n’attend que nous. Vite passons à table, le repas tiré du sac se fait sur des tables alignées pour recevoir les 18 montagnards en herbe. L’estomac est rempli, le temps de s’équiper et nous voilà tous dehors, quelques conseils sur le bon usage du matériel pour les débutants et c’est parti. Plusieurs centaines de mètres sont parcourus et tout le monde suit le rythme sans souci, l’assimilation technique n’a posé aucun problème. Le crissement de la neige sous nos pas nous change des bruits cassants des brindilles de bois et des feuilles mortes des sentiers habituels. La marche en raquettes est un peu différente de la marche classique et peut fatiguer prématurément mais la forme physique générale est bonne. Nous avançons comme les chenilles processionnaires sur une ligne. Après une virée de 7km nous amorçons le retour au bercail.

Ce soir il y a apéritif, Jean-Paul fête ses 55 ans il nous a prévu une soupière de marquisette, Danièle fête aussi ses ….. de la veille avec quelques bouteilles de champagne. On ne dit pas l’âge des dames et de toute manière elle fait beaucoup plus jeune.

Claudet a souffert à chaque pied de belles ampoules aussi rondes que celles des réverbères j’ai fait l’infirmier pour lui poser de gros pansements.

Avant les festivités apéritives, nous nous installons par petits groupes pour jouer à différents jeux intellos ou rigolos avec ambiance garantie. Nous sommes 5 à avoir choisi les jeux rigolos, notre tablée a fait 5 fois plus de bruit que le reste des autres joueurs.

C’est l’heure de l’apéro, quel apéro ! Copieux n’est pas assez fort, c’est un véritable banquet. Nous enchainons avec de bonnes pâtes bolognaises maison, des haricots verts, des gâteaux et encore des gâteaux. Une petite lampée du flacon de 48 ans d’âge apporté par Claudet devrait permettre une meilleure digestion ?

Après ce copieux dîner, la nuit a été un peu difficile pour beaucoup nous n’avons pas très bien dormi. Le lendemain matin au petit déjeuner ce n’était pas la grande forme mais nous avons vite refait surface. Ce sont les vertus de l’altitude.

La promenade du jour se fait en deux groupes vers le même but, le sommet. L’un par la route et l’autre composé de 7 volontaires pour garder les raquettes et profiter jusqu’au bout du manteau blanc. Nous avons monté pratiquement tout droit 600 m de dénivelé, Je demande à Philippe si un moment nous serons sur une piste en lacet ? C’est plus loin en effet plus loin en haut il y la piste. Au cours de l’ascension nous avons observé quelques arrêts pour reprendre du souffle.

Avant d’arriver au sommet de notre pente, je me dis tiens une photo des copains dans l’effort ce sera sympa. Je pose mon sac, je sors ma veste spéciale grand nord pour prendre mon téléphone et clic, un beau cliché. Je remballe toutes mes affaires et je continue de monter rapidement pour rejoindre mes camardes déjà arrivés. Je ne voulais pas qu’ils prennent froid à m’attendre. Je les rejoins et je prévois de boire un petit coup avant de continuer. Et là, stupeur, dans ma précipitation j’ai laissé mon gant retiré pour faire la photo au milieu du versant au moins 150 m plus bas. Je voulais pleurer mais j’ai pris sur moi. Je suis redescendu sous les quolibets de soit disant amis et en arrivant pour attraper ce fichu gant une rafale l’envoi 10 m au dessous grrrrr ! La remontée fut physique et mes compagnons de route se sont montrés impitoyables avec moi « tu pourrais sourire dans l’effort, dépêche toi on va prendre froid » je ne voulais plus leur parler mais ma rancœur a disparu aussi vite qu’elle était venue.

Oh oh ! La brume nuageuse descend et la vision devient difficile, Philippe nous dit après consultation de son GPS: « Il y a un virage en épingle un peu plus loin et soit on monte au relais ou soit on redescend ». Nous repartons dans le nuage, nous croisons un musher cela nous a distrait 1 minute. En arrivant à l’épingle, un vent type blizzard nous balaye insupportablement. Entraide pour sortir les capuches de notre col de veste. Notre visage nous fait souffrir en recevant les particules de neige gelée. Je verrai les aventuriers de haute montagne d’un autre œil désormais. Finalement le choix de faire demi-tour est pris nous sommes à 1800 m tout près de l’antenne 100 m au dessus. Une fois à l’abri du relief à peine 50 m plus bas presque plus de vent, nous sommes sortis du couloir de la mort. Dans de telles conditions l’option d’aller au relais est évidemment abandonnée.

Nous rejoignons notre ‘’camp de base ‘’contents d’être à l’abri. Les deux groupes ont sensiblement parcouru la même distance sept km. Cathy me propose un cours de yoga avant de manger, volontiers, c’est intéressant et certainement bénéfique.

Retour à table, apéritif, et nous finissons les restes de la veille.

Vers 15 h nous rassemblons les affaires, nous faisons le ménage et direction Sérignan. Merci à Jean-Pierre qui m’a covoituré.

Ce week-end a emballé tout le monde et ce sera à refaire.

Vivement la prochaine sortie raquettes

A.P