Nous n’étions que cinq ce lundi matin pour partir à la découverte de Boulbon et de l’abbaye Saint-Michel-de-Frigolet…La température un peu fraîche associée à un petit Mistral naissant en avait peut-être rebutés quelques uns, mais le ciel lumineux annonçait une belle journée, et ce fût le cas !

Nous sommes arrivés à Boulbon un peu avant 10h00. Un guide bénévole de l’association « Les Amis du Vieux Boulbon », qu’Annette avait contacté avant de venir, nous attendait sur place afin de nous accompagner pour une visite guidée du château féodal qui surplombe le village et la vallée (le site est privé et son accès, fermé par une grille, ne peut se faire qu’avec une personne habilitée). Les explications qui nous on été données « en direct » sont les suivantes (source Internet) :

"L’ensemble du site classé est à présent en ruines, essentiellement à cause des pillages dont il a été victime à partir du moment où il cessa d’être occupé. Le donjon était originellement formé de quatre niveaux dont un est encastré, bâti directement dans le rocher. Dans le corps principal du château, le logis du seigneur, édifié au XIVème siècle, se compose d’un vaste bâtiment de deux étages sous grenier, abritant pas moins de 30 pièces.Les vestiges d'un escalier à double révolution sont encore visibles dans la partie centrale, depuis l'un des jardins sud. Un buffet d'eau et des restes de décors de rocaille sculptée y sont également visible. Les traces d’un système d’adduction d’eau assez élaboré sont encore visibles tout le long du site. Depuis une source, captée au XVème siècle, un réseau de tuyaux de terre cuite vernissés (quelques pièces se trouvent à gauche de l’entrée du domaine) amenait l’eau aux bâtiments d’habitation, où elle se déversait dans de petits bassins de décantation. On distingue sur les restes de murs du logis seigneurial la goulotte qui abritait les canalisations. Le trop plein d’eau se déversait au-dessous des terrasses dans des lavoirs. Des travaux d'entretien sont toujours en cours, notamment pour la consolidation des murailles, la consolidation des arches du XVIIème siècle et l'exploration du fortin."

Après cette très intéressante visite, nous avons poursuivi notre randonnée par un petit sentier qui chemine au fond d’un vallon s’élevant doucement jusqu’à la crête de la « Montagnette ». Ce petit massif de 6 000 hectares, si cher à Frédéric Mistral (il fût collégien à Saint-Michel-de-Frigolet en 1839), semble avoir donné rendez-vous à toute la flore méditerranéenne : on peut y voir des pins d’Alep bien sûr, mais aussi oliviers, chênes vert, pistachiers, aubépines, jasmin sauvage, garances et toute les herbes aromatiques de la Provence (farigoule, romain, sarriette, fenouil…). La vue du sommet permet de contempler les Alpilles toutes proches, mais aussi plus au loin la vallée du Rhône, Avignon et le Mont Ventoux.

Nous avons poursuivie notre balade jusqu’à l’abbaye de Saint-Michel-de-Frigolet,  isolée au fond d’un vallon sauvage au milieu des pins, des oliviers et des cyprès. La seule personne que nous ayons rencontrée a été le jardinier. Ce dernier nous a dit qu’il ne restait que cinq moines à présent dans les lieus, Nous avons visité l’église abbatiale, élevée au rang de basilique par Jean-Paul II en 1982, puis la chapelle voisine Notre-Dame de Bon Remède.

Quelques informations trouvées sur Internet au sujet de cette abbaye :

"La basilique de l'Immaculée Conception de style néogothique, a été consacrée en 1866. L'intérieur de la grande nef est entièrement recouvert de peintures murales à l'huile sur le modèle de la Sainte Chapelle à Paris. La structure romane de la chapelle du XIIème siècle, Notre-Dame du Bon Remède, est cachée sous une décoration baroque de boiseries et de tableaux du XVIIème siècle. La communauté religieuse de Saint-Michel de Frigolet qui y est installée appartient à l'ordre des chanoines réguliers de Prémontré et suit la règle de vie de saint Augustin. Les Prémontrés sont des religieux actifs et contemplatifs. Les frères se consacrent principalement à la prière, toutefois, ils accueillent également les visiteurs, hôtes de passage, jeunes et retraitants"

Nous sommes repartis de l’abbaye un peu avant midi et avons repris le même chemin qu’à l’aller pendant quelques kilomètres jusqu’à trouver un endroit abrité du vent et bien ensoleillé, où nous nous sommes arrêtés pour pique-niquer. Après le repas, nous avons suivi la piste de la crête, une ancienne voie romaine qui traversait la Montagnette entre Boulbon et Barbentane. A la limite des deux communes, nous avons quitté cette piste pour bifurquer sur la gauche vers un sentier nous menant vers la croix de Saint-Julien.

Quelques informations trouvées sur Internet au sujet de cette croix :

"A partir de la conquête romaine, toutes les voies terrestres ont été balisées par des « panneaux indicateurs » et, comme les romains comptaient en milles, ces élévations s'appelaient les Bornes milliaires. Elles permettaient aux voyageurs de savoir vers quel point ils se dirigeaient et à combien de « milles » se trouvait leur prochaine destination…Ces bornes étaient de grande taille, jusqu'à 4 mètres de haut, rondes ou carrées, faites avec des matériaux pris sur place. Selon les régions de l'Empire, les inscriptions pouvaient être en latin, en grec et même en gaulois. Dans les provinces conquises, les inscriptions en Latin étaient réservées aux militaires, et souvent les distances étaient inscrites dans la langue vernaculaire ce qui les rendait compréhensibles aux utilisateurs indigènes. Et pendant 4 siècles tout cela s'est complété, amélioré, c'était devenu un des éléments indispensables sur toutes les routes de l'Empire… La croix St Julien se distingue des autres par une apparence particulière. Serait-elle une borne milliaire christianisée ? "

Après être redescendu au pied de la colline, nous avons fait une pause au niveau de la chapelle Saint-Julien.

Quelques informations trouvées sur Internet au sujet de cette chapelle :

"Seconde des 7 chapelles romanes que comptait la commune (seules subsistent 3 d’entre elles, Saint-Julien, Saint-Marrcellin et Notre-Dame-de-la-Valette) : Elevée au XIIe siècle, elle est classée au titre des Monuments Historiques depuis 1941. Elle a récemment fait l’objet d’une restauration qui l’a sauvé d’une ruine certaine. Bâtisse rectangulaire soigneusement appareillée, couverte d’un toit à deux pentes en dalles de pierre. Les six contreforts latéraux sont reliés entre eux par des arcs aveugles en plein cintre, comblés par une maçonnerie de moellons. Les deux travées de la nef, voûtée en berceau brisé, sont achevées par une abside semi-circulaire à l’intérieur et polygonale à l’extérieur. L’arc triomphal qui les sépare repose sur deux consoles représentant respectivement les avant-trains d’un lion et d’un taureau. La façade comporte de nombreux trous de boulin : lors de la construction, on encastrait dans ceux-ci des poutres de bois destinées à recevoir les échafaudages."

Nous sommes ensuite repartis par un sentier remontant vers le sommet de la falaise surplombant le village de Boulbon où se trouve le moulin Bonnet, et où nous attendait un autre guide bénévole de l’association « Les Amis du Vieux Boulbon », qu’Annette avait contacté auparavant pour une visite guidée.

Quelques informations trouvées sur Internet au sujet de ce moulin :

"Au moyen-âge, après l’assèchement des marais qui permet de dégager d’importantes surfaces de terres cultivables, la culture céréalière (vivrière) se développe de façon considérable. Sur le territoire boulbonnais, les moulins apparaissent tout d’abord dans la plaine (mention en est faite dans les archives municipales dès le XIVème siècle). Les moulins Bonnet et Berlandier, dans la Montagnette, ne seront élevés qu’au XVIIIème siècle (1776), âge d’or des moulins à vent. La vallée du Rhône, balayée par le Mistral, est un terrain d’implantation idéal pour de telles mécaniques. En fonctionnement jusqu’au XIXème siècle, ils sont supplantés à cette époque par les minoteries industrielles. Le moulin Bonnet de Boulbon a été restauré en 2003 (c’est le premier moulin à vent des Bouches-du-Rhône à avoir été remis en fonctionnement). Sa charpente, ses ailes, son mécanisme ont été reconstruits d’après des plans d’origine par « Les charpentiers du haut Var » (entreprise de M. Aujogues au Muys). Un bel ouvrage de notre patrimoine qui héberge occasionnellement des meuniers bénévoles amateurs et  produit de la farine (non commercialisée) quand la météo est favorable, c’est à dire quand le Mistral souffle fort (mais pas trop…). Lorsque le moulin tourne, on doit absolument l’alimenter en grains qui servent de «  lubrifiant » entre les deux meules. Par voie de conséquence, on obtient de la farine, fine si le vent est fort et plus grossière si le vent est moins fort car on ne peut serrer les meules sans blocage. Ouvert à la visite un samedi sur deux, il est mis en route les jours de Mistral. Le site offre une vue remarquable sur le village et sur la plaine alluvionnaire qui s’étend à ses pieds. Une table d’orientation a été installée par les élèves de l’école primaire de Boulbon."

Après cette visite très instructive, nous sommes redescendus jusqu’au village par un étroit sentier sinuant jusqu’au château féodal que nous avions visité le matin, puis retraversé les ruelles médiévales de Boulbon.

Avant de repartir, nous sommes allés nous réchauffer dans le pittoresque « Café du commerce » de la place, où nous avons partagés les petits gâteaux qu’Annette  avait confectionnés, et s’est autour d’une tasse de chocolat que nous avons repassé les images de cette belle journée de randonnée, très agréable et enrichissante !

Philippe Denize