Randonnée du dimanche 14 février 2021

Le ciel était couvert et la température un peu fraiche au matin de ce dimanche de Saint-Valentin, et c’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles nous n’étions que cinq au rendez-vous de cette randonnée à Orgnac-l’Aven. Et pourtant cette sortie hivernale sur ce plateau calcaire qui sépare les gorges de l’Ardéche de la vallée de la Cèze méritait vraiment le détour !

Cliquez ICI pour les photos

Après avoir laissé nos voitures sur le parking de la Cité de la Préhistoire (sur le site de l’aven d’Orgnac), nous avons suivi le sentier GR 4B qui serpente sous une épaisse forêt de chênes verts et au milieu d’une végétation typique du maquis ardéchois. Les dalles de calcaires affleurent tout au long du chemin, et après quelques kilomètres nous avons traversé un site géologique remarquable. La Grande Lauze est une plaque de calcaire compacte très impressionnante par sa surface. Les anciens y avaient aménagé un système de récupération de l’eau de pluie vers une cavité naturelle centrale recouverte d’un petit abri. L’eau ici s’infiltre partout dans les anfractuosités du sol et pouvoir ainsi la retenir était un bien précieux !

Encore quelques kilomètres à travers le maquis et nous avons quitté momentanément le GR 4B pour descendre du plateau vers une autre curiosité géologique qui là aussi fût mise à profit par les hommes, mais beaucoup plus anciens ceux-là ! La Baume d'Oullins, située à 160 mètres au dessus de l’Ardèche, est une grotte ornée qui à été découverte en 1896 par le docteur Paul Raymond. C’est une cavité naturelle qui s'ouvre face au nord par un vaste porche de 50 mètres de large et de 15 mètres de haut. La salle d’entrée comporte des gravures pariétales et le site a été classée monument historique en 1911. Une seconde salle, ornée également, a été découverte après désobstruction en 1951. L'accès fut fermé en 1980 par une imposante grille pour mettre un terme aux dégradations et pillages menés parallèlement aux recherches. Il s'agit de l'un des plus vastes abris préhistoriques du sud-est de la France.

Malgré les hurlements de loup entendus (qu’est-ce qu’on ne peut pas faire avec un smartphone…) nous nous sommes installés à l’entrée de la grotte pour un pique-nique bien venu et revigorant. Danièle a partagé sa succulente terrine de lapin qu’elle avait emportée pour cette occasion, et nous avons terminé le repas par des petits gâteaux (« les poilus ») qu’elle avait préparés pour nous la veille.

Puis ce fût la dure remontée vers le plateau (120 mètres de dénivelé après un si bon repas ça aide à digérer !), et nous avons repris pour un temps le sentier GR 4B en direction du retour. Quelques kilomètres avant d’arriver nous avons fait une nouvelle pause au niveau du dolmen de la Font-du-Loup. Ce petit monument dont l’architecture se limite à quatre dalles monumentales renfermait lors de sa découverte au XIXème siècle des ossement humains et des perles en pierre et en os. Ces vestiges sont désormais conservés au musée régional de préhistoire d’Orgnac. A ce-jour ce ne sont pas moins de 840 dolmens qui ont été identifiés en Ardèche, soit un peu moins qu’en Aveyron mais plus qu’en Bretagne ! Ce patrimoine encore peu connu du grand public fait ici l’objet de nombreux travaux et recherches.

Nous avons terminé cette randonnée (assez courte finalement) vers 15h00, et après une dernière tasse de café ou de thé sommes repartis vers Sérignan, la tête encore remplie de ces images d’une époque bien lointaine…

Philippe Denize